Yohan Foutey : les soft skills sont déterminantes dans un parcours professionnel

Yohan Foutey

Dans le cadre du Congrès Soft Skills du 9 juin 2017 , co-organisé avec les étudiants de l’EDC Business School Paris (MBA), nous publions des interviews de professionnels sur le thème des soft skills.

Aujourd’hui nous accueillons Yohan Foutey, responsable de site et chargé de projet commercial au C42 (la vitrine internationale de Citroën aux Champs Élysée). Cette interview a été réalisée par Anges Nkonta, étudiant en MBA à l’EDC Paris Business School.

Pouvez-vous nous décrire votre poste ?

Cela fait 5,5 ans que je suis responsable de site et 3 ans que j’occupe la fonction de chargé commercial. Cette dernière fonction est le résultat d’un travail éprouvé en tant que responsable de site qui a débouché sur une promotion.

Je manage une équipe de 20 personnes qui fournissent une prestation d’accueil des clients et de la vente de produits dérivés de la marque Citroën. Mon métier consiste à former, motiver et gérer les équipes. De plus, il y a une partie relation client car nous sommes prestataire sur le site de Citroën qui est notre client.

Au sein de l’équipe il y a trois niveaux hiérarchiques : 1 chargé de boutique, 3 chefs d’équipes et des hôte(sses).

Les différentes personnes sous ma direction ont des profils variés tant scolaire que leurs origines. Vu la nature de la mission et des différentes ambitions des personnes de l’équipe, on retrouve des contrats à durée déterminés et des contrats à durée indéterminés.

Quelles sont les études qui vous ont permis d’arriver à ce poste ?

J’ai un parcours assez atypique car j’ai pu accéder à ce poste sans pour autant avoir mon BTS. Ce sont mes softs skills qui m’ont permis de progresser dans la société. J’ai quitté l’école avant le bac à cause de soucis familiaux. De plus, à cette époque j’avais un rejet assez profond de l’école. Par la suite j’ai enchainé des boulots notamment en tant qu’hôte de caisse chez Sephora. Quelques mois le début de ce travail j’ai été nommé responsable de caisse.

Mon père étant malade et cette maladie s’aggravant, j’ai décidé de prendre une année off afin de me consacrer à son rétablissement ; c’est ainsi que je suis resté près de lui jusqu’à son décès qui est survenue à peu près un an après cette décision.

Suite au départ de mon père, j’ai eu à cœur de voyager. Je suis d’abord allé en Australie, pays que j’ai parcourue à bord d’un van et dans lequel j’ai effectué plusieurs boulots. J’ai constaté que les australiens avaient une culture assez similaire à la notre et certains aspects de ce pays ne me plaisait pas. Par la suite je suis parti faire le tour de l’Asie du Sud Est. Cette expérience était intéressante dans la mesure ou la culture était assez différente de la nôtre. A la fin de ce voyage, je suis rentré en France maitrisant l’anglais car c’était la seule langue que je parlais à l’étranger et rempli de cette nouvelle aventure qui m’avait poussé à me dépasser et aider à développer des softs skills tel que l’adaptation ou encore le dépassement de soi. Malgré tout lors de mon retour j’ai découvert que mon rejet pour la société était accentué.

Avec des amis nous avons monté un projet de faire le tour du monde en bateau après l’avoir retapé. Nous nous sommes installé au port Saint Louis du Rhône. Nous avons fait cela alors que nous avions aucune connaissance de la navigation. Je me suis occupé de refaire tout ce qui touchait à l’électronique dans le bateau notamment l’alternateur ou encore le panneau solaire. Pendant ce mois dans le sud nous avons rencontré énormément de personnes notamment des marins qui nous ont déconseillés de faire cela car conscient des dangers de la mer. En revanche un d’entre eux nous a emmenés en mer pour nous apprendre les rudiments de la navigation. Pendant notre année en mers nous sommes allés à des endroits divers et variés et rencontrés des personnes qui ne vivaient avec rien ce qui nous a ouvert l’esprit. Nous avons développé des compétences douces tel que l’adaptabilité, notre diplomatie, capacité à travailler en équipe lors de situations plus ou moins extrême (je pense notamment à la fois où nous avons dû réparer la voile qui s’était déchiré en pleine mer).

Après avoir traversé l’océan atlantique, nous nous sommes séparés et je suis rentré en France en ayant un billet payé par un membre de ma famille. Je tiens à signaler que c’est le seul moment où j’ai eu recours à de l’aide extérieurs après plusieurs passés à pêcher et vivre au jour le jour. De retour, j’ai dû me réadapter à la société. Plusieurs mois après mon retour, j’ai rencontré une personne qui s’occupait de moi à la mission locale qui m’a poussé à reprendre mes études et avoir le bac pour accéder aux études universitaires. A cette époque j’ai 25 ans.

Par la suite j’ai rencontré la personne qui était en charge de Citroën, Karine Clément à l’époque qui m’a proposé le poste de chef d’équipe à plein temps alors que je travaillais pour Aston Agency depuis quelque mois sur ce site de Citroën. Si je faisais un BTS, ces études allaient m’emmener à ce poste ; du coup j’ai accepté ce poste et pris le risque de ne pas continuer. Le poste de responsable de site se libérant, j’ai fait preuve d’initiative en proposant ma candidature insistant sur le fait que j’allais travailler à 100% tout comme je le faisait déjà à mon précédent poste. S’en est suivi une période d’essai de 6 mois puis d’un CDI jusqu’à ce jour.

Que sont les soft skills pour vous ? Pouvez-vous citer quelques exemples ?

Les softs skills ou compétences humaines ou encore « savoir comportementaux » désignent les aptitudes personnelles qui démontrent un haut degré d’intelligence émotionnelle. En ce qui concerne le sens de l’humour, l’optimisme, l’empathie, la capacité à travailler en équipe ou encore l’adaptabilité.

Auriez-vous des exemples de besoins auxquelles les soft skills peuvent répondre ?

J’ai eu un énorme manque de confiance en moi juste après le bac. Nous sommes dans une société ou on dénigre les personnes qui n’ont pas d’études. Ce sont les softs skills qui m’ont permis d’aller de l’avant et me dépasser les clichés.

Une autre situation auxquelles les softs skills peuvent répondre sont les situations de crises et ou de conflit. Cela requiert de savoir agir avec diplomatie et comprendre les autres. Une personne qui envenimerait les conflits ne s’aurait pas se voir donné une promotion, en tout cas, pas par moi.

Quelle importance accordez-vous aux soft skills lors d’un entretien ?

Le métier d’accueil est un métier qui fait essentiellement appel aux softs skills. Par conséquent l’importance que j’accorde aux softs skills est considérable.

Pouvez-vous, nous citer 3 soft skills incontournables lors de recrutement/ mangement ?

Lors de l’entretien, il est important d’abord de biens savoir ce dont on a besoin. Il est important pour moi qu’une équipe soit hétéroclite. Par conséquent ce ne sont pas les mêmes soft skills que je mettrais en avant durant les entretiens et selon un besoin particulier je pencherais plus d’un côté de la balance que de l’autre afin d’équilibrer l’équipe.

Comment sélectionnez-vous les soft skills nécessaires à un poste créé ?

Au niveau de la sélection, il y a beaucoup de choses qui se font au feeling. On sent les choses. De plus certaines questions atypiques permettent de reconnaitre certains trait de caractère.

Est-il important pour un cadre – manager/recruteur d’avoir des soft skills ? Si oui lesquelles ?

Il est important pour un cadre-manager d’avoir des softs skills bien évidement car avant le travail en tant que tel c’est avant tout une aventure humaine. Quelques soft skills indispensables qui semblent importantes sont le fait d’être humain, de savoir écouter et comprendre les personnes autour de nous.

Dans quelle mesure les soft skills contribuent-elles à l’évolution professionnelle des talents ?

Cf. mon histoire

Comment valoriser les soft skills dans l’entreprise ?

Pour valoriser les softs skills en entreprise, il convient au manager de prendre le temps de parler avec son équipe et faire un point avec eux afin de parler des points positifs mais aussi des points à développer et les encourager.

En ce qui me concerne au niveau statutaire, je pourrais ne pas parler aux membres de mon équipe et laisser le chef hôte faire appliquer toutes les consignes que je lui ai donné mais j’aime prendre le temps de discuter avec l’équipe ce qui notamment et prendre du temps avec l’équipe valorisant ainsi leur travail, les poussant.

Ce sont des compétences qu’on acquiert avec le temps. Ils vont le développer dans la mesure du possible. Ex : quelqu’un qui n’est pas souriant on ne pourra le faire changer du tout au tout.

En quoi les soft skills favorisent-elles le bien-être en entreprise ?

Elles favorisent le bien-être de l’entreprise car ce sont ces compétences humaines qui permettent notamment via les hard skills d’accomplir à bien la mission.

Si vous pouviez choisir un mentor en matière de soft skills, qui serait-il / elle ?

Je n’ai jamais vraiment eu de mentor si ce n’est mon père. Je pense donc que je répondrais mon père d’autant plus qu’il avait des softs skills fortes !

Imaginez que vous échangiez un café avec cette personne inspirante, et elle vous donne un conseil que vous retiendrez toute votre vie. Quel serait ce conseil ?

Ce conseil serait qu’il faut s’adapter à toute situation.

Racontez-nous une situation durant laquelle vos soft skills ont vraiment fait la différence :

J’aimerais finir cette situation en donnant un adage. A toutes situations que nous rencontrons nous avons le choix entre l’accepter, la quitter ou l’améliorer. Le courage qui est une softs skills aidera à déterminer l’attitude que nous aurons devant cette situation.


Pour rencontrer d’autres professionnels autour des soft skills, inscrivez-vous dès à présent au Congrès Soft Skills du 9 juin 2017 en cliquant ici.

Congrès Soft Skills 2017 creparezent EDC

AUTEUR

Jérôme Hoarau

Co-fondateur de La-Semaine.com et de creapreZent, il est également co-auteur du livre Le Réflexe Soft Skills.

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